13.08.2005

Mon livre de chevet

DIDEROT (1713 - 1784)

La Religieuse (1760 - 1781, éd. 1796+)

Suzanne, une des trois filles de la famille Simonin, est rejetée par ses parents :
sans doute est-elle le fruit d'un adultère. Voyant que le promis de sa soeur aînée s'intéresse à elle,car elle est belle et spirituelle, contrairement à ses deux soeurs, elle l'avoue à sa mère qui la place dans un couvent.
Une fois ses deux soeurs mariées, elle espère en sortir, mais ses parents décident de lui faire prendre le voile. Malgré ses réticences, en proie aux conseils insidieux de la mère supérieure, elle accepte de devenir novice. Vient le moment de confirmer ses voeux.Pour s'attacher un protecteur, le marquis de Croismare, elle entreprend ses mémoires


Début du roman

La réponse de M. Le marquis de Croismare, s’il m’en fait une, me fournira les premières lignes de ce récit. Avant que de lui écrire, j’ai voulu le connaître. C’est un homme du monde, il s’est illustré au service ; il est âgé, il a été marié ; il a une fille et deux fils qu’il aime et dont il est chéri. Il a de la naissance, des lumières, de l’esprit, de la gaieté, du goût pour les beaux-arts, et surtout de l’originalité. On m’a fait l’éloge de sa sensibilité, de son honneur et de sa probité ; et j’ai jugé par le vif intérêt qu’il a pris à mon affaire, et par tout ce qu’on m’en a dit, que je ne m’étais point compromise en m’adressant à lui : mais il n’est pas à présumer qu’il se détermine à changer mon sort sans savoir qui je suis, et c’est ce motif qui me résout à vaincre mon amour-propre et ma répugnance, en entreprenant ces mémoires, où je peins une partie de mes malheurs, sans talent et sans art, avec la naïveté d’une enfant de mon âge et la franchise de mon caractère.

Si vous en avez l'occasion n'hesitez pas de le lire

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